Début XVIIème siècle, un RAOULT enseigne à tous

1/ Au début du 17ème siècle, un Thomas RAOULD fut maitre d’école à Cherbourg.

L’information parait d’abord à la lecture du Registre paroissial (baptêmes, mariages, inhumations) de Cherbourg 5 Mi 1449 – 1628-1667, vue 41/247 :

Le 24 février 1635
Baptême de Thomas fils d’Antoine RAOULD et de Marie RAOULD
Nommé par Thomas RAOULT Mr d’escolle, la marraine Jeanne femme de David Doguet.

Il est ensuite nommé plusieurs fois dans les registres paroissiaux.

Un début d’explication est donné par le journal Cherbourg Eclair du 18 juin 1941, page 3, 1ère colonne :

L’instruction
à Cherbourg

Il semble bien qu’il y eut de tout temps à Cherbourg des hommes soucieux de l’instruction de la jeunesse ; jadis c’étaient généralement des ecclésiastiques qui portaient le titre de maîtres d’école.
Nous devons une mention spéciale à deux prêtres qui consacrèrent une grande partie de leur temps à l’enseignement : au XIIIe siècle, le Bienheureux Thomas Helye, de Biville et, plus tard, au XVIIIe siècle, le « Bienheureux » Barthélémy Piqueray fut Messire François Le Galle, son contemporain, prêtre de Cherbourg, mort en 1657 ; à la ville il légua son jardin et des rentes destinées à l’entretien des maitres d’école.
A cette époque, la « grande école » de Cherbourg où l’on enseignait le latin et le français comptait plusieurs maîtres agréés par l’Archidiacre du Cotentin ou Curé de la ville. Pour donner à l’instruction toutes garanties désirables, Messire Antoine Pâté, le plus réputé des curés du vieux Cherbourg, dressa lui-même le programme des leçons et devoirs à donner aux élèves.
En 1863 (Erreur, il s’agirait plutôt de 1633), Nicolas Girard, François Guérat et Clément Dorange furent choisis comme maîtres. La classe de latin était dirigée par Nicolas Feuardent et Jacques Guéret, prêtres ; deux laïcs, Thomas Raoult et Maître Pierre Le Roux, avocat, professaient également à notre école.
Au début du XVIIIe siècle, Clément Orange était premier maître. En 1719, cette place était aux mains de Messire Jean Bon, prêtre de Cherbourg, Maître ès-Arts de l’Université de Paris. L’acte qui consacre cette nomination nous éclaire sur le genre d’enseignement prodigué aux enfants ; il sera fait deux sortes de leçons « une pour les plus faibles auxquels sera enseignée la première partie de la syntaxe, l’autre pour les plus forts auxquels on expliquera Cicéron, Térence, quelques livres d’Ovide, Virgile… la manière de composer en vers et en prose, en grec et en latin, pour rendre capables les écoliers d’entrer dans une troisième ou seconde d’une Université ».
L’enseignement était gratuit pour les pauvres, originaires de la ville ; ceux qui pouvaient payer versaient 10 sols par mois. En 1760, cette cotisation fut portée à 20 puis à 25 sols. Les maîtres, au nombre de trois, se partageaient les gages et rentes ; ils avaient droit en outre au casuel de l'église.
En 1774, à la nomination de l’abbé Lambert, bachelier en théologie, intervient un nouveau règlement : la ville de verser 110 livres par an au premier maître qui percevait d’autre part ce qui lui revenait du casuel plus 25 sols par mois pour chaque enfant de la ville. L’enseignement s’étendait « à la religion la grammaire, la langue latine et les humanités jusqu’à la deuxième inclusivement ».
Cette « grande école » cessa d’exister pendant la Révolution ; au début du XIXe siècle, elle fut réorganisée sous le nom de Collège.

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A côté de cette véritable « école secondaire », existaient en notre ville des « petites écoles » auxquelles, au XVIIIe Messire Antoine Pâté donna tout son appui. Son exemple fut suivi par son successeur, M. Le Héricey. Ces deux vénérables ecclésiastiques furent puissamment aidés dans leur œuvre éminemment méritoire par de généreux bienfaiteurs, au premier rang desquels il convient de placer l’abbé Louis Girard et M. Hervieu, négociant, qui, en 1730, donna 6.500 livres pour que fût confiée aux Frères de Saint-Yon la direction d l’établissement.
Après quelques difficultés suscitées par l’Assemblée municipale ou Communauté, qui craignait pour sa « grande école », les Frères furent autorisés à ouvrir leurs classes. Bientôt la maison donnée par l’abbé Girard s’avéra insuffisante, tant était grand le nombre d’élèves ; on construisit de nouvelles salles rue de la Paix sur l’emplacement occupé de nos jours par l’Hôtel de Ville. La municipalité apporta son concours à cette œuvre intéressante entre toutes puisque l’enseignement était gratuit. Une bienfaitrice, Madame de Mortreux, donna de son côté 5.400 livres.
A la Révolution, les Frères furent chassés ; la ville les rappela en 1820.
Pour les filles, M. Hervieu avait donné une maison située à l’angle de la rue des Moulins et de l’actuelle rue Hervieu. Les sœurs de la Providence de Rouen y enseignaient ainsi qu’au Faubourg où fonctionnait une troisième école.
Comme on le voit, la jeunesse de Cherbourg avait de nombreux protecteurs dont la liste serait longue à établir. Grâce à eux l’école gratuite était réalisée en notre ville bien avant la Révolution.

Selon Alfred LEROY, dans Le Vieux Cherbourg, documents extraits des archives de la ville et de l'église paroissiale, 2ème série, page 63 :

En tête des hommes qui se dévouèrent personnellement à l'enseignement de la jeunesse, nous devons citer, au XIIIe siècle, le Bienheureux Thomas Hélie, de Biville, et au XVIIe, Messire Barthélémy Picqueray, surnommé le Bienheureux.
Le principal bienfaiteur des écoles, au XVIIe siècle, fut Messire François La Galle, prêtre de Cherbourg, mort en 1657. Il légua à la ville 121 livres de rente et son jardin sis en dehors des fortifications, pour les gages et le logement des maîtres d'école.
La grande école était une sorte de collège où l'on enseignait le français et le latin aux jeunes gens de la ville et de la campagne. Ce collège, qui avait pour maître, à la fin du XVIe siècle, Messire Marin Le Cavellier, reçut une meilleure organisation par suite de la donation de Messire Lagalle, et la Communauté prit soin qu'il y eût toujours plusieurs maîtres chargés de l'enseignement. En 1683, elle choisit pour maîtres les sieurs Nicolas Girard, François Guéret et Clément Dorange. En 1691, l'Archidiacre du Cotentin, voulant que l'instruction de la jeunesse fût accompagnée de toutes les garanties désirables, défendit à tous maîtres d'école de Cherbourg d'exercer ces fonctions sans son autorisation ou celle du curé de la ville. Mr Paté, qui ne négligeait ancun détail, dressa lui-même le programme des leçons et des devoirs que les maîtres devaient donner aux élèves pour chaque classe du matin et du soir, tant pour le latin que pour le français.
Les abbés Nicolas Feuardent et Jacques Guéret dirigèrent aussi l'école de latin au XVIIe siècle. On voit à la même époque Thomas Raoult. maître laïque, et surtout maître Pierre Le Roux, avocat, excellent professeur.
Le premier maître d'école du XVIIIe siècle, que nous connaissions, est Clément Orange, en 1716.

2) Thomas RAOULT fut ensuite élu régent du Collège de Cherbourg

C’est en effet ce que relate l’Inventaire analytique des archives de la ville de Cherbourg antérieures à 1790, de Gustave Amiot :

Vue 370
Raoult, alias Raould, Rault (Thomas), bourgeois de Cherbourg, régent du Collège, p. 100, 271, 272.
[…]

Vues 271 et 272
Instruction Publique

GG. 87. (Liasse) — 2 pièces ; papier.

1612-1617. — Collège de Cherbourg. — Délibération (1612) des échevins et des bourgeois de Cherbourg, assemblés en la maison de ville, 'en présence de messire Jacques Gouyon, sieur de La Metteyrie, commandant à Cherbourg en l'absence de M. de Matignon, pour la nomination d'un régent du collège de la ville ; le sieur Thomas Raoult, bourgeois de Cherbourg, est élu à ces fonctions. Il recevra 10 sols par quartier des étudiants et en outre deux parts des rentes dues audit collège ; le sieur Jean Lesept, maître de lecture, conservera ses anciens émoluments. — Délibération du 7 mai 1617 par laquelle le sieur Jean Collin est adjoint comme maître « de classe » aux sieurs Lesept et Raoult. Le latin ne pourra être enseigné par eux sans le consentement du sieur Raoult ; celui-ci fera son cours dans la chapelle Saint-Louis. Jean de Touzey, escuier, sieur du Maillot, lieutenant de M. de La Meterye ; messire Gratien Bouillon, curé ; Nicolas Le Gay, Pierre Lecourt et Geffroy de Vautigny, échevins.

GG. 88. — (Cahier) — 8 feuillets ; papier.

1612-1683. — « Etat des contrats et papiers [relatifs aux écoles] » trouvés dans le sac des rolles de Cherbourg estant dans les coffres des « archives du thrésor du dit lieu. » On trouve dans ce document, indépendamment de l'indication des contrats de fieffe ou de concessions de rentes en faveur des écoles, la mention des délibérations de la communauté, ci-après indiquées ; savoir : Délibération du... août 1612, établissant que Thomas Rault, maître des écoles, recevra des écoliers 10 sols par quartier en outre de ses gages.— Délibération du 7 mars 1617 : En raison de la vieillesse et des infirmités de Jean Le Sept, l'un des maîtres d'école, Jean Collin, prêtre, lui est adjoint du consentement du sieur Rault. — Délibération du 4 mai 1662 : Messire Jean Doguet, prêtre, bachelier en théologie, et messire François Bazire, prêtre, 2è et 3è maîtres d'école, ayant abandonné depuis quelques mois leurs fonctions sans en avoir avisé la communauté, celle-ci les remplace par Gilles Avoyne et Nicolas Dupont, auxquels il est interdit de quitter leurs fonctions sans en donner avis au moins trois mois à l'avance. — Délibération du 26 mai 1623 : il n'y aura qu'un seul collège en la ville et banlieue de Cherbourg ; le sieur Jacques de St-Germain, prêtre, est nommé second du sieur Thomas Rault, et Jean Lesept, 3è maître. Défense aux bourgeois d'envoyer leurs enfants ailleurs qu'au collège, à peine de 30 sols d'amende. — Délibération du 3 janvier 1627, devant Henri Le Berceur, seigneur de Fontenay, lieutenant de M. le baron de Gatteville, en la ville et château de Cherbourg, présence de M. de La Métairie : Thomas Rault y représente que, au mois de juin 1626, on lui avait ordonné de fermer les classes en raison de la contagion et il demande à les rouvrir : il est décidé qu'elles resteront fermées jusqu'à Pâques. — Délibération du 30 décembre 1657 dans laquelle furent arrêtés les règlements que doivent garder les maîtres et les écoliers des écoles de Cherbourg. — Délibération du 28 juin 1683 : Nicolas Gérard, acolite, est nommé 1er maître d'école; François Guéret, 2e maître, et Clément Orange, 3e maître. Ils recevront, par chaque écolier, en outre de leurs gages ordinaires, 5 sols pour lire et écrire et 10 sols pour le latin et l'arithmétique. — Contrat passé devant les notaires du Châtelet de Paris, le 16 février 1655, pour la fondation d'un collège en la paroisse de Vasteville, près Cherbourg, par Jean Rouxel, prêtre, grand boursier du collège de Harcourt.

Vue 100 :

DD. 10. (Liasse) — 3 pièces, papier ; 1pièce, parchemin.

1590-1641. — Donation faite le 4 mai 1590 aux bourgeois de Cherbourg par Berthelot Pinabel, d'une rente annuelle de 30 livres au profit des maistres d'école ayant la régence du « collège » de cette ville, à charge d'enseigner gratuitement les orphelins pauvres natifs de Cherbourg et en outre de chanter dans l'église, tous les vendredis soir, avec leurs écoliers, l'hymne Aufer a nobis et autres chants religieux spécifiés dans l'acte de donation ; Réclamation d'arrérages de cette rente par Thomas Raould, régent aux escolles de Cherbourg (1641).

 

Blason jmr azur et argent 2

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